Récit de Janne

22 février 2005

rencontre

Un pivert me réveille en sursaut en martelant violemment le tronc de l’arbre sous lequel je me suis endormie hier soir après une journée de marche harassante et désespérante. Cela fait maintenant près d’une semaine que j’essaie de sortir de cette forêt. Je n’ai plus riens à manger depuis deux jours, je me contente de boire aux nombreuses sources que j’ai pu trouvé et qui me permettent de continuer à marcher. Je me remets en route, si je reste ici je n’aurai plus le courage de rien faire, je vais m’apitoyer sur mon sort et je ne serai pas plus avancée. Toujours aller de l’avant, même quand ça va mal. Les premiers pas de la journée sont les plus durs mais une fois que les premiers vertiges dûs à la faim sont passés cela va mieux.

Cette forêt est vraiment étrange, je n’ai encore vu aucun chemin, aucune cabane, rien qui puisse m’indiquer que des êtres humains sont déjà passés par ici. Cela devient de plus en plus inquiétant. Je marche toujours tout droit, ne m’arrêtant que pour boire un peu d’eau quand je rencontre une source. J’essaie de ne pas penser à la façon dont je vais survivre dans les semaines qui viennent. Je me contente d’analyser ma situation au jour le jour.

En fin d’après-midi, alors que je viens de faire un pause et me prépare à me remettre en route, il me semble des voix approchant vers moi. Dans ces forêts denses, le regard ne porte qu’à quelques mètres. De plus, il n’y a pas beaucoup de soleil aujourd’hui, il fait donc très sombre. Ne sachant quoi faire, il me vient à l’idée de ne pas me montrer avant d’être sûre que ces personnes, quelles qu’elles soient, soient animées de bonnes intentions. Je cherche un endroit où m’abriter quand j‘aperçois un buisson assez épais pour pouvoir me dissimuler aux regards.

Ils sont trois, je ne peux les voir mais j‘arrive à distinguer leurs voix. Il me semble qu’il y a deux femmes et un homme, ils semblent être à la recherche d’un point d’eau pour pouvoir faire une pause. Je suis toujours derrière mon buisson et je commence à avoir des crampes, j’espère qu’ils ne vont pas rester trop longtemps. Si je fais le moindre bruit, ils m’entendront vu qu ‘ils ne sont plus qu’à environ une dizaine de mètres de moi. Malheureusement pour moi, ils ont l’air de se préparer à rester un moment. Ils sont en train de se faire à manger, je sens l’odeur de la chaire grillée d’où je suis. Ca a l’air bon, je sens l’eau me monter à la bouche et je dois lutter contre un vertige naissant. Un voile noir commence à obscurcir mon regard. Il ne faut pas que je m’évanouisse sinon ils vont m’entendre. Ils n’ont pas l’air d’être à ma recherche, mais sais-t-on jamais ? Respire, ça va passer,…là, calme, zen.

Je crois qu’ils vont s’installer ici pour la nuit, va falloir que je sois discrète pour trouver une position plus confortable…

« Vous n’avez pas entendu un bruit ?(non, non, t’as rêvé, surveille ta viande elle va brûler. Regarde ailleurs, je n’existe pas, c’est le vent dans les arbres).

-         Je crois tu as rêvé, je n’ai rien entendu.

-         C’est possible.

-         Allez, à table, c’est cuit.  » (ouf !)

J’ai eu chaud sur ce coup-là ! J’essaierai de m’éclipser quand ils dormiront.

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orage

Je marchais d’un pas assez rapide sur le bord de la route, emportant quelques affaires nécessaires à mon aventure, quand j’ai remarqué qu’un violent orage se préparait. J’ai donc cherché à me mettre à l’abri le temps que ça se calme. J’avais aperçu un peu plus tôt dans l’après midi une forêt. Je sais qu’il faut éviter les forêts quand il y a de l’orage mais c’était le seul abri à des kilomètres. Marchant sous une pluie battante, trempée jusqu’aux os, j’arrive enfin sous le couvert des arbres. Je cherche un repli de terrain où je pourrais m’abriter. Ce qui devait arriver arriva : la foudre frappa un arbre non loin de moi, celui-ci explosa sous le choc et je reçus une grosse branche derrière la tête.

Noir... froid…lumière…blanc...      

Je me réveille et la première chose que je perçois c’est les rayons du soleil à travers les branches des arbres m’environnant. Rien ne peut décrire ce que je ressentis à ce moment-là. Un soulagement immense, l’émerveillement devant la beauté de la Création, une envie de vomir dû au choc que j’ai reçu. J’ignore combien de temps je suis restée inconsciente, cela peut plusieurs heures comme quelques minutes, le temps changeant si rapidement dans cette région. Je reprends la route cherche à atteindre la lisière de la forêt qui me paraît de plus en plus éloignée. Pourtant, tout à l’heure il me semblait n’avoir parcouru que quelques dizaines de  mètres. C’est sans doute ma douleur à la tête qui influence ma perception de l’espace. En plus, je n’ai plus d’aspirine pour le faire passer, ce qui s’ajoute à la belle bosse que je vais avoir demain. Je marche ainsi pendant plusieurs heures, perdant peu à peu le sens de l’orientation. Au moment de chercher un refuge pour la nuit je suis complètement perdue.

Je passe une très mauvaise nuit à écouter les bruits de la forêt. J’espère que la journée de demain me réservera de meilleures surprises.     

Posté par jann à 18:36 - Commentaires [0] - Permalien [#]

J’en ai marre : c’est ainsi que commence le récit que j’ai trouvé raconté dans un vieux livre au fin fond du grenier de mes grands parents. J’avais prévu de me faire un après-midi nostalgie : vieilles robes de mariées, vieilles photos, uniformes de la guerre 14, phonographe… et soudain je tombe sur un vieux livre miteux de la taille d’un dico. Je commence à lire et aussitôt je me sens complètement hypnotisé par ce qui y est raconté. J’ai décidé après une longue et intense réflexion qui m’a coûté un tube d’aspirine de le partager avec toi, ô anonyme lecteur de mon blog. Au fait, je m’appelle Janne (prononce Yani) et je suis enchantée de faire ta connaissance.

A bientôt

Posté par jann à 18:35 - Commentaires [0] - Permalien [#]

J'en ai marre!

J'en ai marre. J'en ai marre. J'EN AI MARREJe vais me casser de cette baraque, ils en feront une de ces gueule. Ils ne m'en croient pas capables, mais je vais leur montrer. Ras le bol. Merde, je peux pas tout faire. J'ai une vie à vivre, moi. C'est décidé, je pars demain. Non, pas demain, il me faut un peu de temps pour me préparer. Où est-ce que je vais aller ? Si, je sais. Oui, ça pourrait être pas mal. Bon, il faut que je m'organise.  

Posté par jann à 18:28 - Commentaires [0] - Permalien [#]